Libreville le 14 juillet 2026, (Journal’olbre.com) – Le Trésor public a décidé de ne plus procéder au paiement des usagers ne présentant pas une Carte nationale d’identité (CNI), écartant ainsi le récépissé de demande de CNI et le Numéro d’identification personnel (NIP). Une décision qui soulève une question simple : pourquoi faire supporter aux citoyens les conséquences d’un système administratif qui peine lui-même à délivrer les cartes nationales d’identité dans des délais raisonnables ?
Par Franck Mohamed
Au Gabon, obtenir une CNI relève souvent du parcours du combattant. Des milliers de citoyens attendent des mois, parfois des années, avant de recevoir ce document indispensable. Dans ce contexte, exiger exclusivement la CNI revient à priver des usagers de leurs droits pour une situation dont ils ne sont pas responsables.
Le plus surprenant est que les banques acceptent, selon leurs procédures et la nature des opérations, d’autres pièces d’identification telles que le passeport, la carte de séjour ou encore, dans certains cas, le récépissé de CNI accompagné du NIP.
Le contraste est encore plus saisissant lorsqu’on se souvient que, lors des dernières élections, les autorités avaient reconnu le récépissé de CNI, le NIP et d’autres documents comme suffisamment crédibles pour permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote. Pourquoi seraient-ils valables pour choisir le Président de la République, mais plus pour percevoir un paiement ?
En l’absence d’une justification juridique claire, cette mesure apparaît disproportionnée. Elle fragilise davantage les usagers, alimente l’incompréhension et semble en décalage avec la volonté affichée par le Chef de l’État de simplifier les démarches administratives et de rapprocher l’administration des réalités vécues par les Gabonais.








