Les défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme. Il faut sauver le bassin des grands Lacs africains menacé par les explorations pétrolières et gazières qui s’y développent.
Par Tréisha Leyla
Rien que dans la zone du Lac Albert, qui délimite une partie de la frontière entre l’Ouganda et la RDC, les compagnies pétrolières prévoient de forer plus de 400 puits avec l’objectif de produire 200 000 barils par jour dès 2020. Un méga projet pétrolier aux graves conséquences pour les six millions d’habitants de cette région qui vivent de l’agriculture et de la pêche.
Des dizaines de milliers d’habitants vont être expulsés de leurs terres et expropriés pour laisser la place aux infrastructures du projet, notamment une usine de traitement de Total, plusieurs oléoducs dont un qui traversera tout l’Ouganda et la Tanzanie, et une raffinerie construite par le gouvernement.
Le lac Albert est très connu pour sa biodiversité. Avec une superficie de 5300 km², c’est l’un des plus riches en poissons du monde. Plus de 50% d’oiseaux du continent africain y sont représentés, ainsi que 39% des espèces de mammifères vivant en Afrique. Les réserves de pétrole du bassin du Lac sont évaluées à au moins 1,7 milliard de barils.
« Même les populations qui ne seront pas expropriées dans les environs du lac seront directement impactées par la pollution générée par l’activité pétrolière : pollution de l’air, des sols et de l’eau, inévitables dans le cadre de tels projets », déplore Juliette Renaud
« Le Lac Albert est bien sûr concerné, mais aussi le Nil. Puisque nous sommes sur un des points de source du Nil avec tout un réseau d’oléoducs prévus qui doivent passer sous le Nil. Des possibilités de forages horizontaux sont aussi prévues sous le Lac Albert avec de grands risques de contamination de l’eau », explique Juliette Renaud.
Les experts ne cessent de tirer la sonnette d’alarme : les conséquences d’une marée noire dans la zone du lac Albert seraient catastrophiques. C’est dans cette région, qui abrite également le lac Tanganyika, le lac Victoria et le lac Kivu, notamment, que se trouve la source du Nil. Tous les pays qui se partagent le Nil seraient donc affectés, jusqu’à l’Egypte, préviennent-ils.






