Le Président du conseil départemental du Haut Ntem à Minvoul est plus qu’excédé par le zèle et la désinvolture manifeste de la société forestière Tropical timber industry board (T.T.I.B). En effet, celle-çi s’illustre par des attitudes vexatoires et désobligeantes en refusant de se conformer aux obligations qui la contraignent à des actions sociales sur les terres d’exploitation et cela est bel et bien défini dans le cahier des charges imposé par l’état gabonais.
Par Obame D’EBOMANE
La société TTIB oppose un refus catégorique et n’entend pas s’acquitter de ses obligations sociales envers les populations du crû par des communautaires, bien que cela soit clairement consigné dans le contrat d’exploitation que lui ont concédé les autorités gabonaises.
En revenant à l’origine de cette situation, tout part de la signature à Oyem, le 29 janvier 2019, du cahier de charges contractuelles entre les deux parties, sur la base de l’article 251 de la loi 16/01 portant code forestier en République gabonaise. Cette disposition légale reconnaît aux populations autochtones la jouissance de leurs droits d’usages coutumiers et économiques traditionnels en cas d’exploitation d’une matière première dans leur forêt communauté.
La société forestière TTIB est située à Konossoville dans le département du Woleu, elle est titulaire d’une concession forestière de 140 mille hectares, dont 70% de cette superficie se touve sur les plans géographique et administratif dans le département du Haut-Ntem donc à Minvoul. D’où la signature, il y a plus de deux ans, bien que l’entreprise y soit en activité depuis plusieurs années déjà, dudit cahier de charges contractuelles.
Il faut souligner que l’accord contractuelle, dont l’exécution est querellée, consacre la création d’un Fonds de développement local (FDL) qui est censé être alimenté par le montant de la contribution financière versée par T.T.I.B., la gestion dudit fonds étant quant à elle du ressort d’un Comité de gestion et de suivi des projets. Ledit Comité est présidé par le préfet, assisté, pour le compte des populations, du Président du conseil départemental et un membre de l’entreprise, entre autres.
Seulement voilà, nos sources affirment que depuis l’acceptation et la signature du cahier de charges par les deux parties, la T.T.I.B.
rechigne, sans explications, à honorer ses engagements vis-à-vis des populations. Nos sources sont pourtant formelles sur ce point: plusieurs « projets d’intérêt collectif identifiés par les communautés villageoises ont été présentés aux responsables, d’origine syro- libanaise, de l’entreprise. Malheureusement ces derniers brillent par leur indifférence », affirme-t-on ici.
D’où l’incompréhension du Président du Conseil départemental du Haut-Ntem, Patrice Otsaghe Bengone. Interrogé, ce dernier explique : «Nous ne comprenons rien à la posture des dirigeants de cette société, je puis affirmer que depuis là nous les avons sollicités pour plusieurs projets : l’ensoleillement des voies publiques, la réfection de la tribune officielle dont la toiture avait été emporté par l’orage, la construction d’une école primaire, de même des forages à Bolossoville en particulier, pour l’alimentation en eau potable. Mais nous n’avons jamais reçu une réponse. C’est à croire qu’ils pensent être au-dessus des lois gabonaises», fulmine-t-il.
Pourtant, le document relatif à la fois à la clé de répartition des fonds et au tableau récapitulatif de production de grumes portant sur la période 2015-2017, et produit par l’entreprise elle-même, fait apparaître clairement un montant de plus de 60 millions de F CFA au bénéfice du Fonds de développement local.
En définitive, selon nos sources, les responsables politico-administratifs du département sont décidés à mettre un terme à cette situation au cours d’une ultime réunion qui aurait été convoqué pour le 15 avril prochain. Certains auraient déjà opté pour la saisine de la justice, conformément aux termes de l’accord.
Gageons cependant qu’une solution salvatrice sera trouvée d’ici là.






