Libreville le 01 Septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Le dossier Paramount Group change de dimension. Face à la demande de Bosch Capital, qui réclame au Gabon plus de 300 millions de dollars, Libreville refuse de reconnaître une dette exigible. Une position défendue avec fermeté par le porte-parole du gouvernement, le professeur Charles Edgard Mombo, dont la communication a cherché à replacer l’affaire sur son véritable terrain : celui du droit, de la traçabilité de la dette publique et de la protection des intérêts de l’État.
Par Obame D’EBOMANE
L’affaire trouve son origine dans des contrats conclus sous les précédentes administrations entre le Gabon et le groupe sud-africain Paramount, notamment autour de l’acquisition de Mirage F1AZ et de prestations de maintenance. La créance aujourd’hui revendiquée aurait ensuite été cédée par Paramount Logistics Corporation à Bosch Capital.
Le fonds réclame désormais le paiement d’environ 330 millions de dollars et aurait fixé au 3 septembre 2026 une échéance au Gabon. Mais Libreville conteste frontalement cette prétention. Selon le gouvernement, les documents invoqués ne constitueraient pas, en l’état, des titres établissant une dette immédiatement exigible.
Le professeur Charles Edgard Mombo s’appuie notamment sur une décision rendue le 6 février 2026, que le gouvernement présente comme ayant rejeté les demandes de Paramount Logistics Corporation et condamné cette dernière à verser au Gabon 110 000 euros au titre de la procédure.
L’enjeu est considérable. Pour Libreville, reconnaître sans examen approfondi une telle créance pourrait créer une charge majeure pour les finances publiques. À l’inverse, Bosch Capital entend faire valoir les droits qu’il estime avoir acquis sur cette créance.
La stratégie du gouvernement consiste donc à ne pas confondre réclamation financière et dette juridiquement exigible. C’est précisément sur ce terrain que la communication de Charles Edgard Mombo prend son importance : rigoureuse, pédagogique et juridiquement argumentée, elle cherche à éviter que le débat public ne se résume au seul chiffre de 330 millions de dollars.
Au-delà du contentieux, l’affaire pose une question centrale pour la gouvernance actuelle : quels engagements financiers l’État gabonais a-t-il réellement hérités, lesquels sont juridiquement opposables et lesquels peuvent être contestés ?
Pour la nouvelle administration, le dossier Bosch Capital constitue ainsi un test de crédibilité. Il s’agit de défendre les finances publiques sans donner le sentiment de fuir les obligations légalement établies.
La prochaine étape pourrait désormais se jouer devant les instances compétentes. Et c’est là que le dossier devra être tranché : non par le rapport de force médiatique, mais par les contrats, les décisions de justice ou d’arbitrage et la réalité des droits transférés à Bosch Capital.
Pour le Gabon, le principe est clair : une dette de l’État ne se décrète pas. Elle doit être juridiquement établie.







