Au moment où nous voyons se rapprocher inexorablement l’horizon délicat de l’an 2023, avec ces élections d’un genre nouveau que nous avions quitté en 1990, à cause de l’incertitude et des surprises qui pouvaient surgir d’un deuxième tour. Demain le scrutin sera plus complexe. La grande palabre d’Angondjé est passée par là, en instituant et consacrant des élections générales à deux tours. C’est dire que les recettes usitées hier vont s’avérer obsolètes et inopérantes. Aussi revient-il à la majorité au pouvoir de procéder à un élagage drastique. Ce n’est un secret pour personne, en affirmant ici, que l’attelage actuel n’est point à la hauteur des enjeux à quelques exceptions près.
Par Obame D’EBOMANE
Il est donc impératif qu’une rupture draconienne vint à s’imposer, et de fait congédier le gouvernement en place sans sensiblerie, ni compassion. Le triste et désolant spectacle qui nous vient de l’immeuble du 2 décembre, s’apparente de manière pathétique à la métaphore du rocher de Sisyphe. S’il y avait un bilan à dresser, et déjà ce substantif est ici excessif car l’action du premier ministre est tout simplement évanescente. Il ne faudrait pas que la belle et noble intention de l’égalité genre serve de paravent, et ne finisse en un artifice cosmétique de l’air du temps. Il va sans dire, que l’immobilisme et l’inefficacité de la cheffe du gouvernement sont attentatoires à la vision politique du président de la république, de même que tout ceci est préjudiciable et hypothèque le succès attendu pour 2023.
La locataire du 2 décembre, loin de rassembler est plutôt perçue comme le plus grand diviseur commun, tant elle a fragilisé la cohésion et la solidarité. Et ce n’est point sans raison, si aujourd’hui on voit son ombre planer sur d’innombrables scandales. L’atmosphère au sein du gouvernement est si délétère de par ces vaudevilles ubuesques qu’elle y a orchestré. Nous attendons toujours une tournée à travers le pays, pour expliquer son action et sanctuariser la vision politique d’Ali Bongo Ondimba. Dans un tel cas de figure, comment donner tort à tous ceux-là qui subodorent un agenda caché ?
Les seuls résultats patents et probants viennent de la Task Force sous la supervision de l’ex coordinateur général des affaires présidentielles. Ceci pour dire, que lorsqu’on incarne la fonction avec implication et responsabilité inéluctablement les objectifs sont atteints. Il serait fastidieux de faire le constat des actes manqués. Si d’aventure, il se trouve des dévots qui veulent continuer à y croire, la bourrasque du safari financier de la mairie de Libreville a fait voler en éclats leurs dernières illusions, tout en faisant craquer la fine couche de vernis trop vite qualifiée de vertu, d’intégrité et de probité. La réalité est bien plus contrastée et discutable.
Pour preuve, la rocambolesque affaire dite Massassa n’est pas pour le Premier ministre un caillou dans la chaussure mais bien une pierre tombale politique avec pour épitaphe : La perfidie ne peut masquer indéfiniment la vérité. Une histoire délirante toute filandreuse, volontairement travestie pour nuire. Le mensonge s’est dissipé et voilà que la vérité cruelle et implacable surgit avec un fatal effet de boomerang. Alors, pareille forfaiture qui fait tutoyer les cimes du pouvoir d’avec la fange la plus nauséeuse des caniveaux ne doit aboutir que sur une et une seule sanction sans appel l’éviction.
Le postulat est simple. Les exigences de demain imposent l’urgence de clore ce dommageable cycle fait d’incompétence, d’inconsistance et d’inefficacité. Le Gabon mérite bien mieux.






