Libreville le 22 juillet 2026, (Journal’ombre.com) – Le Gabon a franchi une nouvelle étape dans sa politique énergétique avec la signature, à Paris, d’un protocole d’engagement entre l’État gabonais, Gabon Power Company (GPC) et EDF Power Solutions en vue du développement du barrage hydroélectrique de Booué. L’accord a été conclu le 20 juillet, en marge de la visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France, en présence de son homologue Emmanuel Macron.
Par Obame D’EBOMANE
D’une capacité projetée de 400 MW, Booué figure parmi les infrastructures les plus ambitieuses du programme énergétique gabonais. Le protocole confirme EDF Power Solutions et GPC comme partenaires de référence pour conduire les études et préparer la réalisation du projet. Les signataires se sont fixé une première échéance : conclure un accord de développement avant le 31 octobre 2026, afin de préciser les modalités techniques, financières, environnementales et organisationnelles du barrage.
Pour le gouvernement, le choix d’EDF repose sur son expérience dans les grands projets hydroélectriques africains, notamment le barrage de Nachtigal au Cameroun, tandis que GPC met en avant l’expertise acquise avec Kinguélé Aval, dont la mise en service est attendue cette année.

Au-delà de la portée symbolique de cette signature, plusieurs défis restent à relever. Un protocole d’engagement ne constitue pas encore un lancement des travaux. Il ouvre une phase de structuration durant laquelle devront être sécurisés le financement, les études techniques, les autorisations environnementales et la mobilisation des partenaires internationaux. L’ambition affichée devra donc être suivie d’une exécution rigoureuse.
Sur le plan économique, Booué pourrait néanmoins devenir un levier majeur pour le Gabon. Avec une production estimée à 400 MW, le barrage contribuerait à réduire le déficit énergétique, à soutenir l’industrialisation, à améliorer l’accès à l’électricité et à renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs.
Cette signature traduit également une orientation diplomatique assumée. En s’appuyant sur un acteur majeur comme EDF tout en recherchant l’appui de partenaires financiers internationaux, le Gabon cherche à faire de l’énergie un pilier de sa stratégie de développement. Le véritable enjeu commence désormais : transformer les engagements signés à Paris en une infrastructure effectivement livrée au bénéfice des populations et de l’économie nationale.






