Libreville le 21 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Un terrain acquis, une attestation de vente, des travaux contestés et une intervention de la BAC : l’ancienne ministre dénonce une pression foncière et annonce des poursuites judiciaires.
Par Franck Mohamed
Au Gabon, le foncier ressemble de plus en plus à un terrain de confrontation permanente. Les litiges se multiplient, les limites de parcelles deviennent des lignes de fracture et certains propriétaires se retrouvent contraints de défendre leurs biens comme s’ils étaient en territoire ennemi.

Angèle Ondo, ancienne ministre sous Omar Bongo Ondimba, affirme en faire les frais. Elle déclare avoir acquis, en 2022, un terrain auprès du couple Heib-Sonnet et disposer d’une attestation de vente. Un document qu’elle présente comme la preuve de sa démarche légale et de sa volonté de régulariser son acquisition.

Depuis plusieurs jours, elle dénonce ce qu’elle qualifie de harcèlement. Parmi les faits rapportés : la coupe d’arbustes plantés sur sa propriété. Mais le différend a pris une autre dimension lorsqu’une dizaine d’ouvriers auraient été envoyés sur le terrain pour y creuser, au motif qu’un dépassement d’un mètre aurait été constaté.
Mme Ondo conteste cette justification. Elle explique également avoir construit une digue pour empêcher les eaux de la rivière d’envahir le studio situé au sous-sol de son habitation.
Face à l’escalade, les éléments de la Brigade anticriminalité (BAC) auraient été sollicités pour procéder à un constat. La plaignante affirme toutefois que des insultes et des propos dénigrants auraient continué malgré la présence des forces de l’ordre.
Quand la délation prend le pas sur le droit. L’affaire prend une dimension supplémentaire avec les accusations de diffamation, de mensonges grossiers, d’escroquerie et de harcèlement dénoncées par Angèle Ondo. Selon ses déclarations, la vente aurait été légalisée jusqu’à l’établissement du titre foncier. Dès lors, une question s’impose : pourquoi des interventions tardives sur une parcelle dont la propriété est présentée comme juridiquement établie ?

L’ancienne ministre entend documenter les dégradations constatées par la BAC et engager les procédures nécessaires au Gabon comme en France. Les accusations formulées par chaque partie devront être examinées par les autorités compétentes.
Derrière ce litige se trouve également un projet culturel : la construction d’un musée consacré au Mvett. Le choix de cette parcelle s’inscrit dans le parcours intellectuel de Mme Ondo, titulaire d’une maîtrise de lettres et d’un diplôme d’études approfondies à la Sorbonne en 1980. Elle a soutenu, en 2007, une thèse sur les formes et le contenu du Mvett à l’Université Paris 12.
Un projet de mémoire ne devrait pas être englouti dans un conflit foncier. Les documents, les expertises et la justice doivent désormais permettre d’établir les faits, loin des pressions et des campagnes de dénigrement.





















