Libreville le 21 juillet 2026, (Jiurnal’ombre.com) – La Vice-présidence du gouvernement passe à l’offensive sur le front social. Réuni le 21 juillet à Libreville autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le comité interministériel chargé du deuxième recensement général des Gabonais économiquement faibles (GEF) a arrêté les modalités d’une opération nationale dont les travaux de terrain débuteront en septembre 2026. Objectif : reconstruire un fichier social fiable afin de mieux cibler les bénéficiaires des politiques publiques.
Par Obame D’EBOMANE
Sous la coordination de la Vice-présidence du gouvernement, plusieurs ministères, dont ceux des Affaires sociales, de la Planification, du Budget et du Commerce, finalisent actuellement les questionnaires, les ajustements réglementaires et les outils techniques. Le futur recensement s’appuiera notamment sur les données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) ainsi que sur celles de la CNAMGS.
Pour Hermann Immongault, l’enjeu est clair : aucune politique sociale ne peut être efficace si les données sur lesquelles elle repose sont inexactes. L’opération vise ainsi à actualiser les informations disponibles, corriger les erreurs d’inclusion et d’exclusion et constituer un registre national capable d’orienter les aides publiques vers les ménages qui en ont réellement besoin.
Cette initiative intervient dans un contexte particulier. Elle fait suite à plusieurs alertes sur le système de protection sociale, notamment les observations formulées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les défis du secteur sanitaire, mais aussi aux récentes prises de parole publiques de Franck Nguema sur les difficultés rencontrées par la CNAMGS et l’accès aux soins. Dans plusieurs officines, des assurés ont en effet fait état de difficultés pour obtenir leurs médicaments en raison des tensions entre pharmacies et CNAMGS.
Sans établir de lien direct entre ces événements, le lancement de ce nouveau recensement traduit néanmoins la volonté des autorités de disposer d’une photographie plus précise de la vulnérabilité sociale avant d’engager de nouvelles réformes.
Au-delà d’un simple exercice statistique, l’opération pourrait permettre de mieux cibler les bénéficiaires des mécanismes de protection sociale, de rationaliser les dépenses publiques et de renforcer la crédibilité des futurs programmes d’assistance. Son efficacité dépendra toutefois de la qualité des données collectées et de leur traduction en mesures concrètes pour les populations les plus fragiles.


