Libreville le 14 Avril 2026 (Journalombre.com)- À Kigali, ce n’est pas une tribune, c’est un révélateur. En participant à la 13e édition de l’Africa CEO Forum, les 14 et 15 mai, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’expose à l’arbitrage le plus exigeant : celui des investisseurs, des industriels et des bailleurs qui financent et structurent la croissance africaine. Le thème « Scale or fail » impose une ligne dure : atteindre la taille critique ou rester en marge des grandes dynamiques économiques.
Par Obame D’EBOMANE
Aux côtés de Paul Kagame et Bola Ahmed Tinubu, le chef de l’État gabonais devra démontrer que son pays ne se limite pas à un potentiel, mais qu’il offre des perspectives concrètes de rendement, de stabilité et de transformation. L’enjeu dépasse la diplomatie : il s’agit de capter des flux d’investissements, sécuriser des partenariats stratégiques et positionner le Gabon dans les chaînes de valeur régionales.
Car le forum de Kigali est devenu un véritable marché des opportunités. Plus de 2 000 décideurs issus de 75 pays s’y retrouvent pour conclure des accords, lever des financements et aligner des stratégies public-privé. Porté par Jeune Afrique Media Group et la Société financière internationale, il concentre en deux jours ce que des mois de négociations dispersées peinent à produire : des engagements rapides et structurants.

Trois champs de bataille y dominent les discussions : les investissements transfrontaliers pour créer des groupes africains de taille continentale, les infrastructures intégrées pour réduire les coûts logistiques, et l’harmonisation réglementaire pour fluidifier les échanges. En filigrane, une même exigence : sortir de la fragmentation pour bâtir une puissance économique cohérente.
La présence de figures comme Aliko Dangote ou Makhtar Diop confirme que les décisions prises ou amorcées à Kigali peuvent redessiner des secteurs entiers. Dix ans après les ambitions de la ZLECAf, le temps n’est plus aux intentions mais à l’exécution.
Pour Oligui Nguema, le verdict sera simple : crédibilité ou marginalité. Dans cet espace où tout se joue sur la capacité à convaincre et à livrer, le Gabon doit prouver qu’il peut transformer ses atouts en projets bancables. Kigali n’est pas une étape. C’est un test grandeur nature.







