Le Gabon accélère sa stratégie industrielle. Dans le Moyen-Ogooué, la Zone industrielle d’Ikolo entre dans une nouvelle phase de relance avec l’ambition affichée de devenir l’un des principaux pôles de transformation locale du pays.
Par Obame D’EBOMANE
Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de l’industrialisation un axe central de la diversification économique, le gouvernement veut repositionner Ikolo comme une plateforme capable d’attirer des investisseurs, de créer des emplois et de réduire la dépendance du pays aux exportations de matières premières brutes.
Une mission technique conduite sous les orientations du ministre Lubin Ntoutoume et pilotée par la Direction générale de la compétitivité et de l’innovation industrielle a récemment évalué les infrastructures existantes afin d’identifier les leviers opérationnels nécessaires à la modernisation du site. L’un des principaux défis reste l’énergie, longtemps considérée comme le maillon faible du projet.

Pour lever ce verrou stratégique, le partenaire Solar Energy Sustainable Services (SESS) a été mobilisé pour développer une solution énergétique moderne destinée à sécuriser l’alimentation des futures unités industrielles. Mais l’enjeu dépasse largement la seule réhabilitation d’une zone industrielle.
À travers Ikolo, le Gabon cherche à bâtir un véritable écosystème industriel autour de la transformation du bois, des produits agricoles et des ressources locales. L’objectif est clair : produire davantage sur place, capter plus de valeur ajoutée et renforcer la souveraineté économique nationale.
Ce projet s’inscrit directement dans le Plan national de croissance et de développement 2026-2030, qui ambitionne de faire émerger un modèle économique moins dépendant des hydrocarbures.
Pour les autorités, Ikolo pourrait devenir un symbole de cette nouvelle trajectoire : celle d’un Gabon qui ne veut plus seulement exporter ses ressources, mais transformer localement sa richesse pour stimuler l’emploi, les PME et la croissance intérieure.
Car derrière la relance d’Ikolo, c’est une bataille plus large qui se joue : celle de la mutation du Gabon vers une véritable économie industrielle.






