Libreville le 12 Mai 2026, (Journalombre.com)- Après son passage sur CNews, Theophane Nzame Nze Biyogo a poursuivi sa tournée médiatique en France avec une intervention sur RFI. Une séquence très commentée, qui remet au centre une question sensible au Gabon : celle du choix des canaux de parole présidentielle.
Par Obama D’EBOMANE
À première vue, la critique semble évidente. Pourquoi s’exprimer davantage dans des médias internationaux alors que les Gabonais attendent une parole plus régulière, plus directe et plus structurée dans les médias nationaux ? Pourtant, ce choix répond à une logique stratégique classique en communication politique et institutionnelle.

Les médias étrangers, notamment ceux à forte audience internationale, servent de vitrines. Ils permettent de parler aux investisseurs, aux partenaires diplomatiques, aux bailleurs et aux marchés. Ils contribuent à repositionner l’image du pays, à rassurer sur la stabilité politique et à installer un récit de crédibilité à l’extérieur.
Dans cette perspective, le message n’est pas destiné en priorité à l’opinion nationale, mais à des publics stratégiques externes.
Le véritable débat n’est donc pas tant « fallait-il aller sur CNews ou RFI ? » que pourquoi cette même régularité, cette même solennité et cette même considération symbolique ne sont pas accordées aux médias gabonais. Car en communication politique, le choix des médias n’est jamais neutre : il révèle les publics que l’on place au centre et ceux que l’on relègue à la périphérie.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’opposer communication internationale et communication nationale, mais de réussir leur articulation. Parler au monde est nécessaire pour attirer et rassurer. Mais parler régulièrement aux citoyens, dans leurs médias, avec des formats accessibles et pédagogiques, est indispensable pour nourrir la confiance.
Une communication présidentielle efficace ne se limite pas à l’image extérieure. Elle construit aussi, et surtout, le lien intérieur.






