Libreville le 23 Juin 2026, (Journal’ombre)- La course à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vient de franchir une nouvelle étape. Et cette fois, le centre de gravité n’est ni Paris ni Montréal. Il est africain.
Par Obame D’EBOMANE
La visite à Libreville de Messouda Baham Mohamed Laghdaf, envoyée spéciale du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en apporte une illustration éclatante. Reçue par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, elle est venue porter un message politique clair : obtenir le soutien du Gabon à la candidature de la docteure Koumba Ba au poste de secrétaire générale de l’OIF.
Derrière les échanges diplomatiques se dessine une ambition plus vaste : celle d’une Francophonie renouvelée, davantage tournée vers les besoins réels des populations. Formation des jeunes, innovation, transition numérique, souveraineté technologique, climat et développement économique figurent désormais parmi les priorités défendues par Nouakchott.
Le choix du Gabon comme interlocuteur privilégié n’a rien d’anodin. Depuis plusieurs mois, Libreville renforce son influence diplomatique et s’impose progressivement comme un acteur de dialogue recherché sur les grandes questions continentales. Cette nouvelle stature confère à la voix gabonaise un poids particulier dans les équilibres africains.
L’enjeu est en réalité beaucoup plus profond qu’une simple succession à la tête de l’organisation. Avec plus de 60 % des francophones vivant aujourd’hui en Afrique, et près de 85 % attendus à l’horizon 2050, le continent revendique désormais un rôle central dans la définition de l’avenir de la Francophonie.
La candidature portée par la Mauritanie apparaît ainsi comme le symbole d’une Afrique qui ne veut plus seulement participer aux décisions, mais contribuer à les orienter.
En recevant cette démarche et en privilégiant une diplomatie de concertation, Brice Clotaire Oligui Nguema positionne le Gabon comme un partenaire incontournable des nouvelles dynamiques africaines. La véritable question n’est plus de savoir si l’Afrique dirigera l’avenir de la Francophonie, mais quelle vision africaine s’imposera pour en écrire le prochain chapitre.






