Libreville le 08 Juin 2026, (Journalombre.com)- La publication du Rapport annuel 2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a ravivé un débat sensible au Gabon : l’efficacité réelle de la couverture médicale assurée par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS). Face aux interprétations accusant le système d’être une « arnaque », Franck Nguema, homme politique et ancien membre du gouvernement, est monté au créneau pour rétablir les faits et recentrer le débat.
Par Obame D’EBOMANE
Lors d’un point de presse tenu le 8 juin 2026 à Akanda, Franck Nguema a rappelé que le rapport de l’OMS ne parle ni de fraude ni de détournement. Il souligne plutôt un problème structurel bien connu des systèmes d’assurance maladie : l’écart entre la couverture médicale administrative et la couverture médicale effective.
Si près de 76 % de la population gabonaise est enregistrée à la CNAMGS, beaucoup d’assurés peinent encore à accéder à des soins complets, de qualité et dans des délais raisonnables.
Créée en 2007, la CNAMGS a permis au Gabon d’atteindre un niveau élevé de couverture nominale en intégrant progressivement élèves, populations économiquement faibles, agents publics et salariés du secteur privé. Mais, après plus d’une décennie, ses limites apparaissent clairement : difficultés de ciblage, fragilité financière, efficacité inégale et impact social insuffisant sur la réduction durable de la pauvreté.

Pour l’OMS, la nécessité d’une « réforme d’urgence » constitue un signal d’alerte majeur. En responsable politique aguerri, Franck Nguema estime que le véritable enjeu n’est plus d’augmenter uniquement le nombre d’assurés, mais de garantir des soins effectivement reçus. Il plaide ainsi pour un changement de paradigme : évaluer la performance de la CNAMGS à partir de résultats concrets — accès réel aux soins, disponibilité des médicaments, délais de prise en charge, reste à charge des ménages et renoncement aux soins.
Dans cette perspective, il salue le volontarisme des autorités, notamment sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et appelle à une réforme structurelle ambitieuse. Objectif affiché : faire de la CNAMGS non seulement un dispositif administratif performant, mais un véritable instrument de garantie effective du droit à la santé pour tous les Gabonais.







