Libreville le 23 Août 2026, (Jiurnal’ombre.com) – Au Gabon, la délivrance du bulletin de casier judiciaire devient un premier test de la volonté de renforcer la traçabilité des recettes judiciaires. Depuis la remise des premiers quittanciers, le 14 août 2026 à Libreville, le ministère de la Justice impose progressivement un principe simple : tout paiement effectué par l’usager doit être matérialisé par une quittance.
Par Franck Mohamed
La mesure intervient après un audit couvrant la période de janvier à août 2026, dont les éléments communiqués par le ministère font état d’irrégularités et d’opérations dépourvues de justificatifs. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, entend ainsi sécuriser les recettes générées par certains actes administratifs.

Le dispositif concerne notamment le bulletin de casier judiciaire, facturé 5 000 FCFA à l’administration centrale et 1 500 FCFA dans les greffes correctionnels. Le ministère invite les usagers à exiger systématiquement leur quittance.Une mesure qui interpelle le milieu judiciaireAu-delà du document remis au citoyen, l’enjeu est celui du contrôle de la chaîne financière. Dans les juridictions, où les paiements sont nombreux et parfois de faible montant, l’absence de justificatif complique le suivi des recettes et peut nourrir les contestations.
La généralisation du quittancier constitue donc un outil de contrôle, mais elle ne suffira pas à elle seule. Pour être réellement efficace, la réforme devra s’accompagner d’un rapprochement régulier entre les sommes encaissées, les quittances délivrées et les recettes effectivement reversées au Trésor. Le regard du milieu judiciaire sera dès lors déterminant : la mesure devra être appliquée de manière uniforme, contrôlée et, en cas de manquement, suivie de conséquences.

Le citoyen devient lui-même un maillon du dispositif. Demander une quittance permet de vérifier que l’argent versé à l’administration est officiellement enregistré. Le casier judiciaire devient ainsi un point de départ : derrière une réforme apparemment administrative se joue une question plus large de transparence, de discipline financière et de confiance entre la justice et les justiciables.







