Libreville le 04 Août 2026, (Journal’ombre;com) – Le 1er janvier 2027, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) cessera officiellement d’exister. Elle laissera place à deux nouvelles entreprises publiques : la Gabonaise des Eaux (GDE) et Électricité du Gabon (EDG). Une réforme d’ampleur qui marque un tournant dans la gestion de deux services essentiels, mais dont le succès sera jugé à une seule aune : l’amélioration concrète du quotidien des Gabonais.
Par Franck Mohamed
Le conseil d’administration de la SEEG, réuni le 31 juillet 2026, a validé les principales étapes de cette restructuration. À compter du 31 décembre 2026, l’entreprise tournera définitivement une page de son histoire, après plusieurs années marquées par des délestages récurrents, des pénuries d’eau, une dégradation financière et des difficultés d’exploitation.
Le choix de dissocier les activités de l’eau et de l’électricité répond à une logique de spécialisation. En créant GDE et EDG, les autorités espèrent offrir à chaque secteur une gouvernance plus lisible, des investissements mieux ciblés et une capacité de gestion adaptée à leurs contraintes respectives.
Cette réorganisation intervient alors que la situation financière de la SEEG est devenue préoccupante. Malgré un chiffre d’affaires relativement stable, l’entreprise a accumulé d’importantes pertes, un endettement croissant et une trésorerie fragilisée. Afin d’éviter d’hypothéquer l’avenir des nouvelles structures, le gouvernement a décidé que leur démarrage ne serait pas grevé par le passif de la SEEG.
Mais changer de structure ne garantit pas, à lui seul, un meilleur service. Les usagers attendent avant tout une alimentation régulière en eau et en électricité, des réseaux modernisés, une maintenance efficace et une réduction durable des coupures. Sans investissements massifs dans les infrastructures, les capacités de production et la distribution, le risque serait de remplacer un nom sans résoudre les difficultés de fond.
Au-delà de la réforme institutionnelle, cette décision traduit la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de faire de l’accès à l’eau potable et à l’électricité une priorité nationale. En scindant la SEEG, l’exécutif cherche à bâtir un modèle plus performant capable d’accompagner le développement économique du pays. Le véritable verdict tombera toutefois après le 1er janvier 2027 : ce sont les robinets qui coulent et les lumières qui s’allument qui diront si cette réforme a réellement changé la vie des Gabonais.




