Libreville le 15 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Au Gabon, le temps des promesses présentées en maquettes semble toucher à sa fin. En visite sur plusieurs chantiers le 10 septembre dernier, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé à Airtel Gabon et Canal+ Gabon qu’une présence économique ne peut, selon lui, se limiter à exploiter le marché national. Le chef de l’État exige désormais des réalisations visibles, notamment la construction des sièges annoncés, sous peine de voir les terrains attribués remis en cause.
Par Franck Mohamed
Derrière cette sortie présidentielle, il faut lire une volonté politique : rééquilibrer les relations entre l’État et les grands opérateurs privés. Pour le pouvoir, investir au Gabon ne doit plus seulement signifier vendre des services et générer des revenus. Il faut également construire, employer, contribuer aux infrastructures et laisser une empreinte durable dans le pays.
Le cas d’Airtel est particulièrement révélateur. Présent depuis 26 ans, le groupe continue de louer ses bureaux malgré l’attribution d’un terrain destiné à son siège. Oligui Nguema a aussi évoqué des dettes proches de 20 milliards de FCFA envers des tiers, tout en questionnant les retombées économiques concrètes de cette activité.
Canal+ a reçu le même avertissement : les projets doivent désormais passer du papier au chantier. En citant le précédent burkinabè, le président a clairement indiqué que l’État pouvait durcir sa position lorsque les engagements ne sont pas suivis d’effets.
Cette exigence devrait toutefois dépasser les seuls secteurs des télécommunications et de l’audiovisuel. Les maisons de jeux, le PMUG, Bet241, Bet2Africa et BetPawa, qui tirent également profit du marché gabonais, sont eux aussi concernés par cette logique de responsabilité économique. Leurs activités devraient s’accompagner d’investissements, d’emplois, de transparence et de retombées sociales mesurables.
Sur le plan social, l’enjeu est considérable : les Gabonais attendent des entreprises qu’elles participent davantage au développement national. Mais les éventuelles sanctions devront rester encadrées par les contrats et le droit applicable.
Le message présidentiel est donc moins une menace de rupture qu’une mise en demeure économique : au Gabon, les bénéfices ne devraient plus être dissociés des responsabilités.







