Libreville le 15 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – À Okala, le chantier de la voie de contournement se retrouve au croisement de deux exigences : fluidifier la circulation dans le Grand Libreville et préserver les droits des habitants concernés. Pour éviter que le projet routier ne se transforme en conflit foncier, le gouvernement a choisi la concertation.
Par Franck Mohamed
Réunis le samedi 12 septembre, le ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba, le ministre du Logement Mays Mouissi, la gouverneure de l’Estuaire Marie-Françoise Dikoumba, les maires de Libreville et d’Akanda ainsi que plusieurs responsables locaux ont échangé avec les riverains. Cette rencontre prolonge celle du 2 septembre et traduit une inflexion dans la conduite du projet : expliquer, vérifier et discuter avant de trancher.
L’objectif de la voie reste pourtant inchangé. Il s’agit d’améliorer la circulation entre Okala et Kanal 7, tout en facilitant l’accès aux futures infrastructures de la zone, notamment au futur Institut des maladies cardio-neurovasculaires prévu sur l’ancien site de Delta Postal. L’enjeu est donc à la fois routier, urbain et sanitaire.
Mais la réalisation de cette infrastructure soulève une question sensible : quelle emprise réelle sur les habitations et les parcelles existantes ? L’ANUTTC doit reprendre les études afin d’identifier précisément les biens affectés. Selon les portions, l’impact annoncé pourrait varier de trois à seize mètres. Un recensement et une évaluation des biens sont donc attendus avant toute décision sur l’accompagnement des familles.
Cette prudence répond à une nécessité sociale. En août, 79 familles touchées par des projets routiers à Akémi-Ndjogoni et à la Baie des Cochons ont reçu une indemnisation globale de 560 millions de FCFA. Okala devra confirmer cette logique.
Le message est clair : le développement ne peut plus être conduit uniquement à coups de bulldozers. La crédibilité de l’État se mesurera à sa capacité à construire la route sans ignorer ceux qui vivent sur son tracé. À Okala, le dialogue apparaît ainsi moins comme un détour que comme le moyen de débloquer durablement le chantier.






