Libreville le 16 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – La multiplication des violences en milieu scolaire, au Gabon, soulève une question qui dépasse la seule sanction disciplinaire ou pénale : que devient l’enfant après avoir commis une faute ? Entre exclusions définitives, procédures judiciaires et campagnes de sensibilisation, la réponse institutionnelle doit-elle également intégrer l’éducation, l’accompagnement et la réinsertion ?
Par Franck Mohamed
À travers cette réflexion, la magistrate Greta Marat-Abyla invite à considérer la violence juvénile dans toute sa complexité. Sans minimiser la gravité des actes commis, elle rappelle que certains enfants violents peuvent aussi être des victimes de maltraitances, d’humiliations, de négligences ou de traumatismes.
Sur le plan juridique, la responsabilité pénale des mineurs implique une réponse adaptée à leur âge et à leur situation. La sanction peut être nécessaire pour protéger les victimes et rappeler les limites de la loi. Toutefois, une exclusion scolaire ou une mesure privative de liberté, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un suivi éducatif et social, risque de compromettre davantage le parcours du mineur.
C’est dans cette perspective que s’inscrit l’engagement de Greta Marat-Abyla, qui œuvre pour l’amélioration des conditions carcérales des mineurs. Son approche met en avant la nécessité de préserver la dignité de l’enfant, de favoriser son encadrement et de préparer sa réinsertion, plutôt que de réduire son identité à l’infraction commise.
La problématique s’étend également aux violences familiales, au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement. Les humiliations, les agressions filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que l’exposition des jeunes à des contenus dangereux posent de nouveaux défis aux familles, aux établissements scolaires et aux pouvoirs publics.
La réponse à la violence des mineurs ne peut donc reposer sur la seule répression. Elle doit associer responsabilité, protection, éducation et accompagnement, afin que la sanction contribue à reconstruire l’enfant et non à compromettre définitivement son avenir.






