Libreville le 15 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Au Gabon, certaines populations doivent encore parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres avant d’accéder à une consultation ou à un équipement médical adapté. Pour ces citoyens éloignés des hôpitaux, le SAMU Social Gabonais a choisi de ne pas attendre. Ses caravanes médicales vont à leur rencontre, dans les villes de l’intérieur comme dans les zones moins desservies.
Par Franck Mohamed
À Makokou, la remise récente d’un fauteuil roulant à la petite Abigaëlle illustre cette approche. Alertées sur sa situation, les équipes du SAMU Social lui ont apporté des soins et un équipement destiné à améliorer sa mobilité. Derrière ce geste, une réalité sociale apparaît : pour certaines familles, un fauteuil, une paire de lunettes ou une opération représente un luxe que les revenus ne permettent pas d’assumer.
Consultations gratuites, soins, campagnes de sensibilisation, distribution de lunettes, opérations de la cataracte et accompagnement des personnes vulnérables figurent parmi les actions menées au fil des caravanes médicales. L’organisation intervient également dans le domaine social avec la distribution de kits scolaires et l’Arbre de Noël destiné aux enfants défavorisés.
Cette présence de proximité répond à une difficulté structurelle : un hôpital peut exister sur une carte sans être réellement accessible à tous. La distance, le coût du transport, le manque de spécialistes ou l’insuffisance d’équipements transforment parfois l’accès aux soins en parcours du combattant. À croire que certaines maladies devraient, elles aussi, prendre un ticket de transport avant d’être soignées.
Le SAMU Social ne remplace pas les structures publiques de santé. Il intervient dans les espaces où leurs capacités atteignent leurs limites. Son action révèle surtout l’urgence d’une politique sociale davantage tournée vers les populations éloignées des centres urbains.
À travers ses caravanes, l’organisation ne distribue donc pas seulement des soins ou des dons. Elle restaure de la dignité, de l’autonomie et parfois une chance de reprendre une vie normale.
Le défi, désormais, est de renforcer cette expérience afin que la solidarité ne dépende plus uniquement des caravanes, mais devienne une réponse durable aux inégalités sociales et sanitaires du pays.








