Libreville le 22 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Le poulet est désormais devenu un dossier de souveraineté pour Libreville. Alors que les États-Unis ont interpellé le Gabon auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet de l’interdiction annoncée des importations de poulet de chair, le gouvernement maintient son calendrier : la mesure doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.
Par Obame D’EBOMANE
Pour le pouvoir gabonais, il s’agit de réduire une dépendance aux importations et de créer les conditions d’une production nationale capable d’alimenter le marché. La décision annoncée en mai 2025 visait précisément à stimuler l’investissement avicole, l’emploi et la production locale.
Libreville ne ferme toutefois pas la porte au dialogue international. Le Conseil des ministres du 18 septembre a demandé l’élaboration d’une stratégie reposant sur les exceptions prévues par les accords de l’OMC et sur la négociation diplomatique, afin d’éviter un contentieux et de préserver les intérêts économiques du pays.
Autrement dit, le Gabon entend défendre sa politique sans ignorer les règles du commerce international. C’est là que se jouera la véritable bataille : démontrer que la protection de la production nationale peut être conciliée avec les engagements internationaux du pays.

La souveraineté alimentaire ne se décrète pas par décret. Elle se mesure dans les fermes, les couvoirs, les chaînes d’alimentation animale et, surtout, dans les assiettes.
Sur ce terrain, le gouvernement a engagé plusieurs actions. Trois millions de poussins d’un jour doivent être commandés, avec une première livraison annoncée de 262 400 poussins en septembre. Un dispositif vise également à sécuriser les intrants et à accompagner 150 fermes avicoles.
Le défi est donc double : tenir la ligne diplomatique tout en garantissant l’approvisionnement du marché.
Car si l’interdiction réduit les importations sans que la production nationale ne suive, la souveraineté pourrait paradoxalement se transformer en pénurie ou en pression sur les prix.
Le véritable succès de cette réforme ne sera donc pas de fermer une frontière commerciale. Il sera de parvenir à ce que le poulet gabonais puisse durablement remplacer le poulet importé, à un prix accessible aux ménages. C’est sur cette capacité à produire que Libreville devra désormais convaincre, aussi bien Washington que les consommateurs gabonais.







