Libreville le 22 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Le Gabon prévoit de solliciter fortement les marchés financiers en 2027. Dans son projet de Loi de finances, le gouvernement inscrit 1 144,1 milliards de FCFA d’emprunts à mobiliser sur le marché financier international, soit environ 2,01 milliards de dollars. Cette enveloppe s’inscrit dans un besoin global de financement de 2 931,4 milliards de FCFA.
Par Treisha Leyla
Mais derrière ce chiffre spectaculaire, il faut comprendre une chose : ces 1 144 milliards ne constituent pas une cagnotte supplémentaire destinée directement aux infrastructures ou aux dépenses sociales. Ils participent au financement global de l’État, aux côtés de 600 milliards attendus du marché intérieur ou sous-régional, de 300 milliards d’emprunts bancaires, de 600 milliards d’appuis budgétaires et de 287,3 milliards de prêts-projets.
Le budget 2027 est construit sur une accélération de l’activité économique. Le gouvernement table sur une croissance de 4,5 %, contre 4 % en 2026, avec une production pétrolière attendue à 11,30 millions de tonnes. Le manganèse devrait également progresser, tandis que le minerai de fer doit faire son entrée dans les statistiques de production avec 1,5 million de tonnes projetées.

L’objectif affiché est de disposer de ressources suffisantes pour poursuivre le PNCD 2026-2030, notamment les infrastructures, la transformation locale des ressources naturelles et les politiques sociales. Le projet de budget prévoit ainsi 1 058,4 milliards de FCFA de dépenses d’investissement.
C’est ici que l’équation devient plus délicate. Les charges financières de la dette passeraient de 487,6 à 667,3 milliards de FCFA, soit près de 180 milliards supplémentaires en un an. À cela s’ajoutent 1 879,5 milliards de FCFA d’amortissement de la dette et 142,9 milliards consacrés à l’apurement des arriérés.
L’enjeu de 2027 sera dès lors moins le volume des financements recherchés que leur coût, leur destination et leur capacité à générer suffisamment d’activité et de recettes futures pour soutenir le remboursement. Autrement dit, les 1 144 milliards devront contribuer à financer une économie capable, demain, de supporter la dette contractée aujourd’hui.








