Libreville le 08 octobre 2026, (Journal’ombre.com) – Depuis le déclenchement des perturbations dans l’approvisionnement des stations-service, les critiques se concentrent sur les responsabilités gouvernementales, certains mettant directement en cause Sosthène Nguema Nguema, ancien ministre du Pétrole et du Gaz. Pourtant, les faits invitent à davantage de nuance.
Par Obame D’EBOMANE
Avant cette crise, le ministre avait déjà placé la sécurisation de l’approvisionnement au cœur de son action. Le 1er août 2025, sous son impulsion, la Direction générale de l’aval pétrolier et gazier réunissait ses équipes et les opérateurs afin de garantir « en permanence » la disponibilité des produits pétroliers sur le territoire national. L’objectif était précisément de renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne.
Cette démarche n’était pas anodine. La Direction générale de l’aval pétrolier et gazier, créée fin 2024, a notamment pour missions la supervision des stockages et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Autrement dit, la disponibilité du carburant ne relève pas du seul ministre : elle implique producteurs, importateurs, transporteurs, stockeurs, distributeurs et gestionnaires des dépôts.

La situation actuelle le confirme. Le communiqué du 2 octobre 2026 évoquait une diminution des stocks chez les marketeurs, tandis que les réserves de la SGEPP étaient mobilisées pour soutenir la distribution.
Sur le plan économique, le problème dépasse la polémique politique. Une rupture de carburant perturbe immédiatement les transports, la logistique, les activités commerciales et, par effet domino, les prix et la productivité.
L’enjeu est désormais d’établir précisément où la chaîne s’est grippée, à quel niveau les stocks ont commencé à décroître et pourquoi l’anticipation n’a pas permis d’éviter la rupture. Ces réponses permettront de distinguer les responsabilités ministérielles de celles des opérateurs chargés de l’approvisionnement et de la gestion des stocks.






