Libreville le 04 novembre 2026, (Journal’ombre.com)- Le secteur minier gabonais entre dans une phase de reprise en main. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, assume une politique de fermeté, tout en refusant d’opposer l’État aux investisseurs. Premier acte : l’or. À l’issue d’un audit mené entre juin et octobre 2026, 73 permis aurifères ont été retirés.
Par Obame D’EBOMANE
Le diagnostic du ministère est sévère : des titulaires de permis de recherche auraient, selon les conclusions de l’audit, exercé des activités d’exploitation en violation de leurs obligations. Mais le ministre tient à distinguer fermeté et guerre économique.

Une période de réclamation reste ouverte aux opérateurs estimant avoir été sanctionnés à tort. Ceux capables de démontrer leur conformité au Code minier, aux règles environnementales et à leurs obligations fiscales pourront voir leur situation réexaminée. Cette reprise en main commence déjà à produire des effets, selon le ministre. En deux mois, plus de 30 kilogrammes d’or ont été stockés dans la réserve nationale, alors que celle-ci était jusque-là vide.

L’objectif est désormais de renforcer la traçabilité de la production et d’accroître la part revenant à l’État.La stratégie dépasse cependant l’or. Sosthène Nguema Nguema affiche l’ambition d’ouvrir environ huit mines d’ici à 2030, avec des projets dans le fer, l’or et la potasse, dont la méga-mine de Bélinga. Autre chantier majeur : la transformation locale.
Le Gabon prévoit notamment de mettre fin progressivement à l’exportation brute de certains minerais. Le manganèse est concerné à l’horizon 2029, tandis que l’or devrait être davantage transformé localement dès 2027. Enfin, le nouveau Code minier annoncé doit renforcer la participation de l’État dans les productions minières, avec une part portée de 10 % à 20 %, selon le ministre.
L’objectif est clair : faire passer le secteur minier d’environ 6 % à 15 voire 20 % de contribution, grâce à une meilleure gouvernance, davantage de transformation locale et une plus grande captation des revenus.







