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Avant le coup d’envoi, l’autre match des arbitres : trouver l’équipement

Avant le coup d’envoi, l’autre match des arbitres : trouver l’équipement

Libreville le 23 Mars 2026 (Journalombre.com)- Au Gabon, l’arbitrage commence bien avant l’entrée sur le terrain. En ligue (D3) comme en championnats nationaux (D1 et D2), les arbitres sont tenus de respecter un code vestimentaire strict, inspiré des standards internationaux : tenue unicolore, image soignée, neutralité parfaite.

Par Clinton Mombo

L’exigence est normale. Mais l’absence de moyens transforme cette obligation en une épreuve éprouvante, révélatrice d’un malaise structurel. Loin des grands championnats où les arbitres sont systématiquement dotés d’équipements officiels, l’arbitre gabonais doit se débrouiller seul.

Chaque désignation déclenche un véritable marathon logistique : multiplier les appels, emprunter un maillot à un collègue, chercher désespérément la couleur validée pour le match. Avant même le coup d’envoi, il a déjà livré un combat silencieux, souvent humiliant, pour simplement être conforme.

Dans les compétitions encadrées par la CAF ou la FIFA, cette problématique n’existe presque pas. Les arbitres sont équipés, protégés, valorisés. Au Gabon, en revanche, ni la fédération, ni la LINAF, ni les ligues ne prennent réellement en charge cette responsabilité. Un maillot peut coûter jusqu’à 35 000 FCFA, et l’arbitre doit en posséder au minimum trois couleurs (noir, rouge, jaune), alors que la prime perçue ne couvre même pas le prix d’une seule tenue.

Le paradoxe est saisissant : on exige des arbitres qu’ils incarnent l’image et la crédibilité du football, sans leur donner les moyens élémentaires d’y parvenir. Derrière des officiels correctement vêtus se cachent des sacrifices personnels, souvent consentis par de jeunes passionnés. Il est urgent de corriger cette injustice. Car sans dignité matérielle pour les arbitres, aucun football ne peut prétendre à un développement durable.

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