Libreville le 26 Mars 2026, (Journalombre.com)- Le Palais de la Rénovation vient d’acter une accélération historique de la stratégie extractive nationale, consacrant la province de Nyanga comme nouveau pilier de la diversification économique du Gabon. Longtemps en marge des grands investissements miniers, le Sud-Ouest s’impose désormais comme l’épicentre d’un redéploiement industriel d’envergure.
La rédaction
Lors d’une audience stratégique accordée aux opérateurs miniers le 20 mars 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a validé les chronogrammes de mise en œuvre de plusieurs projets structurants. Cette offensive marque une rupture nette avec la dépendance historique au manganèse du Haut-Ogooué, avec pour ambition affichée de générer plus de 100 milliards FCFA de recettes budgétaires annuelles dès 2026, afin de relayer une production pétrolière arrivée à maturité.

Le cœur de ce basculement industriel repose sur le projet de fer de Milingui, porté par Havilah Mining Gabon. Estimé à près de 600 milliards FCFA, ce gisement deuxième plus important du pays après Bélinga, entrera en production dès novembre 2026, avec une capacité d’absorption de plus de 1 500 emplois directs. En parallèle, le projet de potasse de Mayumba franchit un cap décisif grâce à l’entrée du groupe canadien Millennial Potash Corp.
L’investissement annoncé, estimé à 300 milliards FCFA (500 millions USD), vise une production annuelle de 800 000 tonnes d’engrais, positionnant le Gabon comme un acteur clé de la sécurité agricole régionale. Ces projets s’appuient sur le renforcement des infrastructures portuaires de Mayumba, appelées à devenir un hub logistique et exportateur stratégique.

Au-delà de l’extraction, Libreville impose une nouvelle doctrine minière, portée par le ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema : la transformation locale obligatoire. À Doussiegoussou, les projets de nickel, de cuivre et surtout de marbre rompent avec l’exportation brute. Une usine de transformation du marbre, en phase de finalisation, alimentera les marchés national et régional en produits finis, renforçant la valeur ajoutée locale et la résilience budgétaire face à la volatilité des cours mondiaux.
L’impact socio-économique s’annonce majeur : 6 000 à 7 000 emplois directs et indirects sont projetés à l’échelle provinciale. En exigeant le respect strict des normes environnementales et des délais contractuels, l’État gabonais adresse un signal clair aux investisseurs internationaux : la Nyanga devient le nouveau moteur de la solvabilité nationale. Jadis périphérique, ce corridor minier du Sud-Ouest s’affirme désormais comme un levier central de souveraineté économique pour la décennie à venir.







