Libreville le 10 Mars 2026 (JOURNALOMBRE.COM)- La balle est dans le camp de la LINAF. À peine lancé, le championnat national gabonais est déjà menacé d’arrêt. En cause : la colère froide des arbitres. Trop peu payés. Trop peu considérés. Et désormais prêts à ne plus officier pour la suite de la première journée si rien ne change.
Par Clinton Mombo
Samedi 7 mars, à Lambaréné, la saison a démarré en grande pompe. Officiels, dirigeants, acteurs du football national : tout le gotha était réuni. Le match d’ouverture, dirigé par l’arbitre international Cregue Mouckagni, devait symboliser un nouveau départ. En façade seulement. Car dans les coulisses, la fracture était déjà là.
Après le premier match de cette première journée, dont la suite est programmée pour le 14 mars, les arbitres ont été reçus par le président de la LINAF et son bureau. Objectif : fixer le cap de la saison et rappeler les exigences en matière d’arbitrage. Les recommandations ont été écoutées. Mais elles n’ont pas effacé le malaise.
À leur tour, les hommes en noir ont posé leurs conditions. Un cahier de charges clair. Un traitement plus humain.
Une revalorisation des indemnités. Et une troisième nuitée pour les déplacements vers Franceville, Moanda, Lastourville, Koulamoutou et Gamba. Des revendications jugées vitales au regard des réalités sociales actuelles.
Car dans le football gabonais, les arbitres se sentent marginalisés. Primes faibles, entre 30 000 et 50 000 francs selon les grades. Équipements inexistants.
Autofinancement du matériel de communication. La saison passée, ils ont même dû cotiser après chaque match pour s’équiper. Un paradoxe, alors que la LINAF dispose de sponsors.
À l’international, les arbitres gabonais sont respectés. À domicile, ignorés. L’incohérence est flagrante. Si les budgets des clubs et de la ligue ont été revus à la hausse, pourquoi pas ceux des arbitres ?
Le message est sans détour : sans accord, zéro arbitre pour la suite de la première journée. Sans arbitres, pas de football. La LINAF est désormais face à l’urgence. Et le coup de sifflet de trop pourrait bien déjà avoir retenti.







