Libreville le 22 septembre 2026, (Journal’ombre.com) – Le Conseil des ministres réuni à Port-Gentil n’a pas seulement voulu afficher la relance de la capitale économique. Il a aussi posé les règles d’un exercice budgétaire 2027 marqué par une équation délicate : financer davantage de projets tout en renforçant la discipline sur les recettes publiques et les avantages fiscaux.
Par Treisha Leyla
Pour Port-Gentil et l’Ogooué-Maritime, l’effort annoncé atteint 30 milliards de FCFA, avec des contributions de l’État, de Perenco et de TotalEnergies. Voiries, eau, électricité, santé, logements, marchés, Foire de Port-Gentil et future université Pierre-Louis Agondjo Okawé figurent parmi les priorités. Deux centrales thermiques doivent apporter 50 MW supplémentaires dans les prochains mois. Le gouvernement estime que ces projets pourraient générer environ 7 000 emplois directs et indirects.
Mais cette relance s’accompagne d’un changement de doctrine fiscale. Le projet de budget 2027, arrêté à 6 223,1 milliards de FCFA, prévoit de mieux encadrer les exonérations et avantages accordés aux entreprises. La TVA ne pourra notamment pas être ramenée sous 5 %, tandis qu’un plancher de 25 % de l’imposition de référence est prévu pour les autres prélèvements, sous réserve des régimes légalement préservés. Les avantages devront surtout être liés à des contreparties vérifiables et leur maintien pourra être réexaminé.

Le message économique est donc double : attirer et préserver l’investissement, mais à un coût fiscal davantage maîtrisé. Le gouvernement veut également éviter que le recouvrement de l’impôt ne fragilise les entreprises : les blocages de comptes devront être précédés d’une notification et limités au montant effectivement dû.
Cette rigueur intervient alors que les charges financières de la dette doivent atteindre 667,3 milliards de FCFA en 2027, contre 487,6 milliards dans la projection révisée de 2026. Dans ce contexte, chaque dépense fiscale devient mécaniquement un enjeu de rendement budgétaire.
Au fond, le Conseil des ministres dessine une ligne claire : investir pour relancer, mais réduire les fuites de recettes et exiger davantage de contreparties économiques. Reste désormais à mesurer l’efficacité de cette nouvelle discipline dans l’exécution du budget.







