Le drame de la jeunesse gabonaise actuelle est qu’elle tente de faire tourner un logiciel des années 1980 (celui de ses parents) sur l’ordinateur de 2026. Ce logiciel est incompatible.
Pour inventer son propre modèle, le jeune Gabonais doit faire preuve de libre-pensée et remettre en cause trois piliers sacrés de l’éducation reçus
- Désacraliser le Diplôme et l’État-Providence
Le modèle des parents repose sur une croyance : « L’État est le seul pourvoyeur de sécurité et le diplôme est le ticket d’entrée. »
C’était vrai en 1975 ou 1990. Aujourd’hui, c’est un mensonge dangereux.
- La remise en cause : Le jeune doit oser penser que le diplôme n’est pas une fin en soi, ni une garantie de revenu. Il doit accepter que l’État ne peut plus embaucher tout le monde.
- Le nouveau modèle : Remplacer le culte du Diplôme par le culte de la Compétence. Un diplôme de sociologie qui mène au chômage a moins de valeur qu’une compétence technique en plomberie, en agriculture moderne ou en codage informatique qui génère du cash immédiatement. Le jeune doit passer d’une mentalité de demadeur d’emploi à celle de créateur de valeur.
- Briser le mépris des « Petits Métiers » (Le complexe de la cravate)
Les parents de la 2ème génération, sortis de la boue des plantations, ont développé une aversion pour le travail manuel ou informel. Pour eux, la réussite se mesure à la propreté de la chemise et à la climatisation du bureau. Ils ont transmis ce dégoût à leurs enfants.
- La remise en cause : C’est ici que l’exemple des étrangers est frappant. Ils réussissent parce qu’ils n’ont pas l’ego mal placé de l’héritier gabonais.
- Le nouveau modèle : Le jeune doit comprendre que l’argent n’a pas de diplôme. Il n’y a pas de sot métier. Vendre de la nourriture, réparer des téléphones, faire du transport, ce n’est pas « chuter », c’est entreprendre. Il faut oser « salir la veste » pour remplir le compte en banque. C’est le retour au pragmatisme du grand-père planteur, mais avec les outils modernes.
- Passer de la « Rente » au « Risque »
Le modèle parental est un modèle de gestionnaires de rente (salaires fixes, avantages acquis). Ce modèle a créé une jeunesse attentiste, qui a peur du risque.
- La remise en cause : La sécurité est une illusion. Attendre une nomination ou un poste, c’est remettre son destin entre les mains d’autrui (le politicien, le chef). C’est la définition de l’homme faible.
- Le nouveau modèle : Accepter l’incertitude. Le libre penseur sait que sa sécurité ne vient pas d’un statut, mais de sa capacité à s’adapter. Le nouveau modèle de réussite, c’est l’agilité : savoir repérer un besoin sur le marché et y répondre, plutôt que d’attendre qu’on nous donne une place.
Conclusion : La « Trahison » Fidèle
Pour inventer son modèle, la jeunesse gabonaise doit commettre une forme de « trahison » envers l’idéal de ses parents.
- Les parents voulaient des fonctionnaires, la réalité exige des entrepreneurs.
- Les parents voulaient des intellectuels de bureau, la réalité exige des techniciens de terrain.
- Les parents voulaient la sécurité, la réalité exige de l’audace.
Paradoxalement, en rejetant le modèle bureaucratique de leurs pères (2ème génération), les jeunes renoueront avec l’esprit combatif et bâtisseur de leurs grands-pères (1ère génération).
C’est en osant désobéir aux attentes sociales de leur famille qu’ils sauveront l’honneur de leur nom. Car la pire insulte à faire à ses parents n’est pas de choisir une autre voie, c’est de rester à leur charge en attendant un monde qui n’existe plus.
N.N.E AYI Michel
Libre Penseur
Ordre De David (ODD)
(c) janvier 2026







