A force de secouer l’arbre de l’improbable, il était évident que les apprentis sorciers qui se sont un temps pris pour des lumières n’allaient débusquer que le diable et voilà nous y sommes. A trop instrumentaliser le repli ethnique ou le fait communautaire tout ceci n’a fait que contribuer à cristalliser les velléités et à renforcer la detestable inclinaison de l’appartenance identitaire.
Par Obame D’EBOMANE
Ne nous voilons pas la face, et vouloir prendre la posture de l’autruche n’y changerait rien. Dans l’estuaire le fragile équilibre consensuel entre fang et mpongwé est désormais révolu. Quoi de surprenant à cela? Au regard du tour pendable et humiliant de la perte successive de la primature et de la mairie de Libreville à deux reprises, toutes choses dont la Communauté fang rend responsable l’actuel locataire du 2 décembre. Et pour enfoncer davantage le clou, les fangs de l’estuaire tiennent l’actuel édile pour être un pion placé par la primature.
Toutes choses qui laissent penser que tout se décide au 2 décembre, et la mairesse n’aura d’autre choix que de s’exécuter. A en croire les initiés, le véritable donneur d’ordres est un ancien proche collaborateur du premier Ministre du temps où cette dernière régnait à l’hôtel de ville. Ce fusible de sécurité récemment nommé est là afin d’éviter les dérapages ainsi que les audaces de liberté et d’émancipation dont a voulu s’attribuer le très éphémère Eugène Mba.
Le moins que l’on puisse dire est que la Communauté fang de l’estuaire est vent debout face à toutes ces humiliations et offenses. Il leur semble incompréhensible et inexplicable qu’elle soit autant ostraciser, et mise sur le banc quand dans le même temps, les mpongwé raflent outrageusement la mise de manière insolente.
À la présidence de la république le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat ainsi que le secrétaire général sont tous deux de cette espace communautaire. La primature qui revenait traditionnellement aux fangs, leur a été ravi au profit de Dame Ossouka. Et comme si cela ne suffisait pas. On leur donne un ministère au rayonnement invisible et à l’action confidentielle avec Michel Menga, et deux succédanés de sous ministres.
Ne vous tromper pas et personne n’est dupe. Pour la Communauté fang de l’estuaire, le titulaire du portefeuille de l’habitat n’est guère comptabilisé dans leur rang, car c’est une filiation autre qui aurait sourcer sa promotion. Ce seul fait est éloquent et explicite de l’ampleur du courroux. Et en définitive les fangs de l’estuaire se demandent quel est le poids électoral des mpongwé? Si l’on y prend garde nous atteignons les frontières de l’irréparable. Aussi le remaniement ministériel espéré est-il très attendu sur ce sujet sensible et il devrait rétablir les équilibres.







