IN L’union du 17 septembre 2022
Nous savons que les effets d’une foule exaltée peuvent souvent conduire à des dérives excessives. Mais est-ce pour
autant que nous devons confier à la seule exultation les propos de cette épouvante à venir que nous promet le premier responsable du rassemblement pour la modernité ?
Par un surprenant transport extatique, le jusqu’alors placide Alexandre Barro Chambrier va se lâcher avec une rare
virulence. Le ton était empreint d’une effroyable et inquiétante résonance martiale. Sur les bords de l’Ogooué,
la foule médusée va découvrir un ABC en pleine mutation.
Le flegmatique intellectuel a mué. Il s’est travesti en un va-t’en guerre impitoyable. Tout ceci aurait pu paraitre risible et
même ridicule car l’impassible Chambrier ne nous avait jamais accoutumé à de tels travers ni à une telle démesure
outrancière.
En s’appropriant hors contexte le fameux crédo d’El Hadj Malek El- Shabazz plus connu sous son nom de combattant Malcom X, qui au plus fort de sa lutte pour les droits civiques aux états unis d’Amérique déclarait : By all the means necessary, que nous pouvons traduire en français sans en trahir l’esprit par tous les moyens nécessaires. Le tourment ici est loin d’être métaphysique.
Bonnes gens, jugez par vous-même la teneur des propos servis par Alexandre Barro Chambrier : En cas de fraude, nous allons faire ce qui n’a jamais été fait au Gabon. Cette profession de foi se situe au-delà de tout l’arsenal régalien tout autant qu’elle réfute toutes les dispositions constitutionnelles en vigueur dans cet ilot pacifique qu’est le Gabon.
Que l’on ne vienne pas nous taxer d’une volonté singulière d’exagération ou d’extrapolation en voulant à souhait grossir les traits d’une manière vénéneuse. A ces esprits complaisants, nous répondons que les mots ont un sens et qu’ils portent en eux la charge de leurs intentions. En cela la préméditation est un
délit. D’expérience, nous savons que ce qui est désigné comme étant la fraude est le précepte convenu et élégant
pour ne pas reconnaitre la bérézina récoltée lors d’une consultation électorale.
Si le rassembleur en chef en vient à de telles extrémités les raisons sont endogènes à son propre camp. Entre ceux qui ne veulent plus des transfuges du parti démocratique gabonais traités de squatters à la conviction équivoque et le reclus des charbonnages qui se refuse à passer le témoin malgré son l’âge canonique. L’un dans l’autre et cerner de toutes parts, Barro aura fait le choix du pire en s’octroyant la voie de l’extrémisme. Cette option est
engluée et inexorablement sans issue. D’ici 2023, il te faudra te ressaisir. Bassé !






